vendredi 27 avril 2012 par Jean-François Dufour

Les pétroliers chinois assiègent l’Argentine

Une confrontation inattendue oppose depuis quelques semaines un Etat sud-américain et un grand groupe industriel européen, la présidence argentine promouvant la renationalisation du groupe pétrolier YPF aux dépens de l’espagnol Repsol, qui en est propriétaire depuis 1999.

L’explication de cet épisode n’est à chercher ni en Amérique du Sud ni en Europe ; mais bel et bien en Chine.

Ce sont en effet les négociations avancées entre Repsol et Sinopec, le deuxième pétrolier (et premier raffineur) chinois, pour une acquisition de YPF évoquée à hauteur de 15 milliards de dollars, qui ont amené la réaction de Buenos Aires.

L’Argentine a beau compter pour moins de 1% de la production mondiale de brut, elle intéresse assurément les pétroliers chinois. YPF avait déjà fait l’objet d’une tentative d’acquisition de CNOOC (le troisième pétrolier chinois) en 2009, que Repsol avait pu se permettre de décliner à l’époque. Et le même CNOOC s’était porté acquéreur l’année suivante du groupe Bridas … deuxième pétrolier argentin.

Le retour à la charge de Sinopec aujourd’hui, montre que les pétroliers chinois restent à l’affût de toute ressource rendue accessible par les difficultés financières de son possesseur.